✓ Mis à jour 2026 Article entièrement revu et mis à jour le 20 octobre 2026. Les informations ont été vérifiées sur les sources officielles citées en fin d'article.
Non, mâcher un chewing-gum n'est pas en soi un délit à Singapour. Ce qui est interdit, c'est de l'importer : aucun paquet, pas même deux, et pas même une gomme à la nicotine achetée à l'étranger. Sur place, seules des gommes de santé se vendent, en pharmacie ou chez le médecin, et le vendeur note votre identité. Deux règles visent aussi le geste lui-même : mâcher dans le métro est interdit, et jeter sa gomme par terre coûte cher. Voici ce que disent les textes officiels en 2026.

L'essentiel en 30 secondes​

  • Dans vos bagages : aucun chewing-gum. L'importation est interdite, et la HSA (Health Sciences Authority) n'autorise aucun médicament sous forme de gomme, même prescrit, même en transit.
  • Sur place : seules certaines gommes de santé (dentaires ou thérapeutiques, comme la gomme à la nicotine) se vendent, en pharmacie ou par un médecin ou un dentiste.
  • Dans le métro : mâcher un chewing-gum est interdit, jusqu'à 500 S$ d'amende.
  • Dans la rue : jeter sa gomme est une infraction de propreté, jusqu'à 2 000 S$ d'amende pour une première condamnation.
  • Les peines pour importation : jusqu'à 100 000 S$ d'amende et deux ans de prison pour une première condamnation.

Ce que dit exactement la loi​

Le texte de référence est le règlement sur l'importation du chewing-gum, le Regulation of Imports and Exports (Chewing Gum) Regulations, publié sur Singapore Statutes Online (SSO), le site officiel des lois singapouriennes. Il définit le chewing-gum de façon large : chewing-gum, bubble-gum, gomme dentaire, ou toute substance préparée à partir d'une base de gomme végétale ou synthétique destinée à être mâchée. Sa règle 3 est sans détour : sauf exceptions, l'importation de tout chewing-gum à Singapour est interdite.

Les exceptions de la règle 3A ne concernent que des produits de santé enregistrés auprès de la HSA :
  • les gommes enregistrées comme produits thérapeutiques (therapeutic products), sauf celles classées en vente libre ;
  • certaines gommes dentaires (oral dental gums) enregistrées, dont la composition est fixée par le texte (lactate de calcium et xylitol, ou gomme sans sucre à l'hexamétaphosphate de sodium) ;
  • les gommes dentaires classées « sur ordonnance seulement ».

Le texte prévoit aussi des autorisations pour le transit vers ou depuis la Malaisie péninsulaire, le transbordement et la recherche, mais elles visent des cargaisons commerciales sous contrôle douanier, pas les voyageurs. Côté fabrication, la loi sur le contrôle de la fabrication (Control of Manufacture Act) range le chewing-gum, hors gommes de santé, parmi les produits qu'on ne peut fabriquer pour la vente sans être enregistré.

Les peines prévues​

La règle 7 punit toute infraction au règlement :
CondamnationAmende maximalePrison maximale
Première100 000 S$2 ans (ou les deux)
Deuxième et suivantes200 000 S$3 ans (ou les deux)
Ce sont des peines maximales, mais elles montrent que l'interdiction n'est pas une simple consigne.

Le voyageur : que peut-on apporter ?​

Rien. On lit encore sur Internet qu'un touriste aurait droit à deux paquets pour sa consommation personnelle. Cette tolérance n'apparaît dans aucun texte officiel : le règlement ne prévoit aucune quantité autorisée pour les voyageurs.

Les administrations le répètent :
  • l'ICA (Immigration & Checkpoints Authority, qui contrôle les frontières) cite le chewing-gum en tête des articles interdits à l'importation, avant les cigarettes électroniques et les stupéfiants ;
  • la liste des produits interdits de Singapore Customs (les douanes) mentionne le chewing-gum, à l'exception des gommes dentaires et médicinales approuvées par la HSA ;
  • la HSA précise, pour les voyageurs, que les médicaments sous forme de chewing-gum ne peuvent être importés à titre personnel en aucune circonstance, même avec une ordonnance, et que cette interdiction vaut même si vous restez en zone de transit sans passer l'immigration.

L'exception pour les gommes de santé ne profite donc pas au voyageur : elle permet aux importateurs agréés d'approvisionner les pharmacies. Si vous utilisez des gommes à la nicotine, n'en emportez pas : vous en trouverez en pharmacie à Singapour. Et faites le tri avant le départ : un paquet oublié au fond d'un sac reste une importation interdite.

La cascade intérieure Rain Vortex de Jewel, à l'aéroport de Changi, entourée de végétation, avec une rame du Skytrain au premier plan

Le Rain Vortex de Jewel, à l'aéroport de Changi, et le Skytrain : à l'arrivée à Singapour, aucun chewing-gum ne doit se trouver dans vos bagages. Photo : Mike Peel (www.mikepeel.net), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pour la liste complète de ce qui est interdit ou à déclarer à la frontière (cigarettes, alcool, médicaments), lisez notre guide Entrer à Singapour en 2026 : visa, SG Arrival Card, aéroport.

Acheter des gommes à Singapour : en pharmacie seulement​

Vous ne trouverez pas de chewing-gum ordinaire en supermarché ni dans les supérettes. Les gommes de santé, elles, se vendent selon des règles précises.

Les gommes dentaires​

Le règlement sur les gommes dentaires (Health Products (Oral Dental Gums) Regulations 2016) n'autorise leur vente au détail que :
  • dans une pharmacie agréée ;
  • par un établissement de santé à ses patients, sur instruction écrite d'un médecin ou d'un dentiste ;
  • par un médecin ou un dentiste, ou sur ses instructions, à un patient qu'il suit.
Les gommes classées « sur ordonnance seulement » exigent une ordonnance valable, qui porte notamment votre nom, votre numéro de pièce d'identité et la quantité prescrite.

Surtout, chaque vente est enregistrée : le vendeur doit noter le jour même la date, votre nom, le numéro de votre carte d'identité ou d'un autre document d'identité, vos coordonnées, le produit et la quantité, et garder ce registre au moins deux ans, à la disposition de la HSA. Prévoyez donc une pièce d'identité.

Les gommes à la nicotine​

Pour arrêter de fumer, la gomme à la nicotine fait partie des substituts nicotiniques, avec le patch et la pastille. Selon le Health Promotion Board, ces substituts sont vendus dans la plupart des pharmacies, où le pharmacien peut aussi vous conseiller.

Mâcher : permis, mais pas partout ni n'importe comment​

Aucune loi n'interdit de mâcher une gomme achetée légalement. Deux textes encadrent cependant le geste.

Dans le métro. Le règlement du réseau (Rapid Transit Systems Regulations) interdit de consommer ou de tenter de consommer un chewing-gum ou un bubble-gum dans toute l'enceinte du MRT (le métro), au même titre que la nourriture et les boissons. L'amende maximale est de 500 S$.

Une rame blanche et rouge du MRT arrivant le long du quai d'une station aérienne couverte

Une rame du MRT en station : des portes de trains bloquées par des gommes ont motivé l'interdiction de 1992. Photo : Fanz226, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Dans la rue. La loi sur la santé publique environnementale (Environmental Public Health Act) interdit de jeter quoi que ce soit dans un lieu public ailleurs que dans une poubelle, et de cracher dans la rue. Une gomme jetée par terre est donc un déchet sauvage. Devant le tribunal, l'amende peut atteindre 2 000 S$ pour une première condamnation, 4 000 S$ pour la deuxième et 10 000 S$ ensuite. La NEA (National Environment Agency) rappelle que le juge peut y ajouter un Corrective Work Order : jusqu'à 12 heures de nettoyage de lieux publics.

Pourquoi cette interdiction ?​

Selon la Bibliothèque nationale de Singapour (NLB), l'interdiction de la vente, de l'importation et de la fabrication du chewing-gum est entrée en vigueur le 3 janvier 1992, quatre jours après son annonce dans la presse. Le ministère de l'Environnement l'a justifiée par les perturbations du MRT : en juillet et en août 1991, des gommes collées entre les portes des rames les avaient empêchées de se fermer, et les passagers avaient dû descendre avant que les trains puissent repartir. Les gommes jetées posaient aussi des problèmes de nettoyage dans les cinémas et les cités HDB (logements publics) ; dès 1983, la presse rapportait que l'organisme du logement public consacrait 150 000 S$ par an à les enlever.

L'effet a été net : toujours selon la NLB, on est passé de 525 cas de gommes jetées par jour avant l'interdiction à deux par jour en février 1993. L'interdiction a été partiellement levée en mars 2004 pour les gommes dentaires, un point qui avait été discuté lors des négociations de l'accord de libre-échange entre Singapour et les États-Unis.

Une question ?​

Vous hésitez sur un produit à mettre dans vos bagages, ou vous cherchez une pharmacie qui vend des gommes à la nicotine ? Répondez à cette discussion ou posez votre question dans le forum Visas, pass de travail et démarches. Pour d'autres règles qui étonnent les visiteurs, lisez aussi 10 choses surprenantes à savoir sur Singapour en 2026.

Sources (consultées le 20 octobre 2026)

La discussion

  1. McNulty
    McNulty

    another one s the dust

Lire les 1 réponse Réagir