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Airbnb à Singapour : est-ce légal en 2026 ? Durées minimales de séjour par type de logement


Louer un appartement ou une chambre pour quelques nuits dans un logement résidentiel de Singapour, via Airbnb ou un autre site, est illégal : un logement privé ne peut pas être loué pour moins de trois mois consécutifs, un logement public HDB pour moins de six mois. Les sanctions prévues visent ceux qui louent, pas le voyageur. Mais celui-ci n'est pas à l'abri pour autant : contrôle, interrogatoire, nuit à trouver en urgence. Voici ce que dit la loi en 2026, et où dormir légalement, pour trois nuits comme pour trois mois.

L'essentiel en 30 secondes​

  • Logement privé (condo, appartement, maison) : location interdite pour un séjour de moins de 3 mois consécutifs.
  • Logement public HDB (Housing & Development Board) : 6 mois minimum par locataire, location aux touristes interdite.
  • Qui est sanctionné : celui qui loue (propriétaire, ou locataire qui sous-loue). Jusqu'à 200 000 dollars de Singapour d'amende par infraction devant le tribunal.
  • Le voyageur : aucune amende prévue à son encontre dans les textes officiels, mais il peut devoir répondre aux enquêteurs et perdre son logement en cours de séjour.
  • Les solutions légales : un hôtel (aucune durée minimale), un serviced apartment (7 jours minimum), ou une location résidentielle classique à partir de 3 mois.

La règle : trois mois minimum dans un logement privé​

L'Urban Redevelopment Authority (URA), l'autorité d'urbanisme de Singapour, est très claire : tous les logements résidentiels, qu'il s'agisse de condominiums (les résidences privées avec gardiennage et piscine), d'appartements sans ascenseur ou de maisons, sont destinés à un usage résidentiel de longue durée. La loi interdit de les utiliser comme hébergement de courte durée, défini comme un séjour de moins de trois mois consécutifs.

Cette règle vient du Planning Act 1998, la loi sur l'urbanisme. Depuis une modification de 2017, elle range parmi les changements d'usage soumis à autorisation « l'utilisation d'un logement pour fournir un hébergement de courte durée », lorsque le logement, ou une partie de celui-ci, est occupé par la même personne pendant moins de trois mois consécutifs, contre un loyer ou toute autre contrepartie. Le texte précise que peu importe qu'il y ait ou non un bail en bonne et due forme.

En clair :
  • louer une chambre est concerné au même titre que louer l'appartement entier ;
  • le nom donné à l'offre ne change rien : l'URA cite les annonces présentées comme hôtel, auberge, motel, « bed and breakfast » ou chambre chez l'habitant ;
  • la définition suppose un loyer ou une autre contrepartie : héberger gratuitement des amis n'y entre pas.

Les immeubles empilés en quinconce de la résidence The Interlace, entourés de végétation, sous un ciel nuageux

The Interlace, une résidence privée entre Bukit Merah et Queenstown : comme tout condominium, elle ne peut pas accueillir de location de moins de trois mois. Photo : kallerna, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Et dans un logement HDB ? Six mois, et pas de touristes​

Dans les logements publics construits par le HDB, les règles sont encore plus strictes. Le HDB fixe une durée minimale de location de 6 mois par locataire et interdit expressément de louer un appartement ou une chambre « à court terme ». Il précise aussi que la location à des fins non résidentielles, par exemple à des touristes, n'est pas autorisée.

Le Council for Estate Agencies (CEA), l'autorité qui encadre les agents immobiliers, le dit sans détour dans son guide pour les locataires : les touristes ne peuvent louer aucun appartement ni aucune chambre HDB.

Pour les étrangers qui s'installent, la location d'un logement HDB reste possible, sous conditions : le propriétaire doit obtenir l'accord du HDB, et le titre de séjour du locataire doit être valable au moins 6 mois à la date de la demande. La durée maximale est de 2 ans par autorisation dès qu'un locataire n'est ni singapourien ni malaisien.

Le HDB indique prendre « très au sérieux » les locations non autorisées et agir contre les propriétaires qui enfreignent les règles ; le guide officiel du gouvernement précise que ces mesures relèvent du Housing and Development Act.

Les tours de logements publics The Pinnacle@Duxton reliées par des passerelles, derrière une rangée de bâtiments anciens

The Pinnacle@Duxton, un ensemble de logements publics HDB du quartier de Tanjong Pagar : ici, pas de location de moins de six mois. Photo : Supanut Arunoprayote, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Qui est en infraction, et que risque-t-il ?​

Celui qui loue : jusqu'à 200 000 dollars par infraction​

Le Planning Act interdit de réaliser ou de permettre un changement d'usage sans autorisation. Sont donc visés celui qui propose le logement et celui qui laisse faire. Le propriétaire est présumé avoir permis l'infraction quand c'est son locataire qui sous-loue à la nuit. Il peut s'en défendre s'il prouve avoir pris toutes les précautions raisonnables. L'URA prévient d'ailleurs que les propriétaires qui ne surveillent pas l'usage de leur bien en seront tenus pour responsables.

SituationSanction prévue
Première infractionAmende transactionnelle (« composition fine ») jusqu'à 5 000 dollars de Singapour
Récidive ou plusieurs logements : poursuites devant le tribunalJusqu'à 200 000 dollars d'amende par infraction, plus 10 000 dollars par jour si l'infraction continue après la condamnation
Récidiviste condamnéJusqu'à 200 000 dollars d'amende et/ou jusqu'à 12 mois de prison, plus 10 000 dollars par jour si l'infraction continue

Ces plafonds s'appliquent par infraction : avec plusieurs logements ou plusieurs locations, les amendes réelles grimpent vite. Le ministère du Développement national (MND) cite une personne condamnée en 2022 à 1,16 million de dollars pour 14 logements, et une autre en 2023 à 1,4 million de dollars pour 19 logements. En septembre 2025, l'organisateur d'un réseau qui louait 31 logements privés à la nuit via Airbnb et HomeAway a été condamné à plus de 1,14 million de dollars d'amende, sur 31 chefs d'accusation. En juillet 2025, quatre sociétés et deux particuliers ont été inculpés pour 170 logements répartis dans 50 résidences privées.

Le MND précise que l'URA poursuit les personnes directement responsables, comme les propriétaires, et non les plateformes qui publient les annonces. C'est pourquoi on trouve toujours des annonces de courte durée en ligne : leur présence sur un site ne prouve pas qu'elles sont légales.

Le voyageur : pas d'amende prévue, mais des ennuis possibles​

On lit souvent que le voyageur « ne risque rien ». C'est vrai pour l'amende, mais c'est incomplet. Aucune des sources officielles consultées ne prévoit de sanction contre l'occupant, et les condamnations publiées visent toutes ceux qui louent. L'URA avertit cependant les visiteurs qui réservent un hébergement de courte durée dans un logement privé :
  • s'ils sont trouvés sur place lors d'un contrôle des autorités, ils peuvent être tenus d'aider l'enquête ;
  • ils peuvent subir des désagréments et devoir payer un autre hébergement, car les syndics et les agents de sécurité de certaines résidences font activement appliquer la règle.

L'URA encourage en effet les syndics de copropriété (MCST) à renforcer la sécurité : repérer les visiteurs qui arrivent avec des valises, noter le numéro de l'appartement et les dates d'entrée et de sortie. Arriver avec sa valise dans un condo pour un séjour de quatre nuits, c'est donc prendre le risque d'être refoulé à l'accueil, après avoir déjà payé.

Bon à savoir : votre statut ne change rien. Touriste, titulaire d'un Employment Pass ou d'un Work Permit, résident permanent : la durée minimale est la même pour tous, car elle porte sur le logement, pas sur la personne.

Où en est la réglementation en 2026 ?​

Singapour a envisagé d'assouplir la règle, puis y a renoncé. En 2018, l'URA a soumis à consultation publique (du 16 avril au 31 mai 2018) un projet de cadre qui aurait autorisé, sous conditions, la location de courte durée dans les logements privés. Parmi les conditions proposées : l'accord de 80 % des copropriétaires d'une résidence et un plafond de 90 nuits par logement et par an.

Le 8 mai 2019, l'URA a annoncé qu'elle ne mettait pas en place ce cadre : plusieurs plateformes de location jugeaient les règles trop restrictives, en particulier le seuil d'accord des copropriétaires et le plafond de nuits. L'URA a maintenu la durée minimale de trois mois, tout en se disant prête à revoir sa position si les plateformes acceptent un jour de respecter un cadre réglementaire.

Depuis, rien n'a changé dans la loi. En août 2024, en réponse à une question parlementaire, le MND a indiqué que l'URA continuerait de suivre la situation et d'ajuster ses mesures si nécessaire. Aucune des sources officielles consultées n'annonce de nouveau cadre ou de nouvelle consultation. L'URA a au contraire annoncé plusieurs nouvelles poursuites en 2025.

Où loger légalement pour un séjour court ?​

L'URA le rappelle elle-même aux visiteurs : pour moins de trois mois consécutifs, les options légales sont les hôtels et les serviced apartments.

Type d'hébergementDurée minimaleCe qu'il faut savoir
Hôtel, auberge, guesthouseAucuneDoit être enregistré auprès du Hotels Licensing Board
Serviced apartment (résidence hôtelière)7 joursAppartement équipé d'une cuisine, avec services (ménage, accueil…)
Serviced apartment « long séjour » (SA2)3 moisCatégorie créée en décembre 2023
Logement privé (condo, appartement, maison)3 mois consécutifsBail classique, chambre ou logement entier
Logement public HDB6 moisInterdit aux touristes ; titre de séjour valable 6 mois minimum

Hôtels et auberges : vérifiez la licence​

Au sens de la loi sur les hôtels (Hotels Act 1954), un « hôtel » inclut les pensions, les guesthouses et tout établissement d'au moins quatre chambres où des personnes sont logées contre paiement et reçoivent un service domestique. Aucun local ne peut être utilisé comme hôtel sans être enregistré, et personne ne peut le gérer sans licence. C'est le Hotels Licensing Board (HLB) qui les délivre. Les auberges relèvent du même régime : la liste des demandes de licence publiée par le HLB pour le premier trimestre 2026 comprend une auberge (« hostel ») parmi les hôtels.

Le site du HLB, hlb.gov.sg, publie la liste des hôtels sous licence en activité. Avant de réserver un établissement inconnu, surtout à petit prix, vous pouvez vérifier qu'il y figure.

La façade blanche à colonnades de l'hôtel Raffles illuminée de nuit, avec son allée d'entrée et sa pelouse circulaire

L'hôtel Raffles, sur Beach Road, la nuit : à l'hôtel, aucune durée minimale de séjour ne s'applique. Photo : Diego Delso, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Serviced apartments : la vraie alternative à Airbnb​

Pour un séjour d'une semaine ou plus, en famille ou pour le travail, le serviced apartment est l'équivalent légal de la location d'appartement. L'URA le définit comme un appartement indépendant avec cuisine ou kitchenette, qui propose généralement des services : accueil, ménage, blanchisserie, espace de restauration commun. Il doit être loué au moins 7 jours.

Les espaces de « co-living », de plus en plus nombreux, suivent la même logique : selon l'URA, chaque opérateur choisit d'exploiter son bâtiment comme logement résidentiel (3 mois minimum), comme serviced apartment (7 jours minimum) ou comme hôtel (pas de minimum). Demandez à l'opérateur sous quel régime il fonctionne avant de réserver un séjour court.

Rangée de shophouses colorées à deux et trois étages sur South Bridge Road, dans le quartier de Chinatown

Des shophouses de South Bridge Road, à Chinatown, un quartier où l'on trouve de nombreux hôtels et auberges. Photo : Marcin Konsek, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Et pour un séjour de un à trois mois ?​

C'est la situation la plus délicate : un stage, une mission, une arrivée en expatriation avant de trouver un logement définitif. C'est aussi la question qui revient sur le forum, par exemple pour louer un appartement un mois avec un Work Permit. La réponse est la même pour tous : moins de trois mois dans un logement privé, c'est non.

Vos options :
  • Moins de trois mois : un serviced apartment (dès 7 jours), un hôtel, ou un co-living exploité sous l'un de ces deux régimes.
  • Trois mois ou plus : une location classique dans un logement privé devient possible, chambre ou appartement entier, avec un bail d'au moins trois mois consécutifs. Une catégorie de serviced apartments « long séjour » (SA2), créée par l'URA en décembre 2023, impose elle aussi trois mois minimum.
  • Six mois ou plus, avec un titre de séjour : une chambre ou un appartement HDB, si votre titre de séjour est valable au moins 6 mois à la date de la demande du propriétaire.

Vous êtes touriste ? La durée de votre séjour est de toute façon limitée par votre autorisation d'entrée : lisez notre guide Entrer à Singapour en 2026.

Pour comprendre la différence entre condo, HDB et maison individuelle, lisez Condo, HDB, landed : qu'est-ce que ça veut dire ?. Pour chercher un logement de longue durée, notre guide Comment rechercher un appartement, une maison ou une colocation à Singapour vous donne la méthode.

Avant de réserver : la liste de contrôle​

  1. Comptez vos nuits : moins de trois mois consécutifs, oubliez la location d'un appartement ou d'une chambre chez un particulier.
  2. Regardez le type de logement : une annonce dans un condo ou un HDB pour quelques nuits est illégale, même si elle est en ligne depuis longtemps et bien notée.
  3. Pour un hôtel ou une auberge : vérifiez qu'il figure dans la liste des hôtels sous licence du HLB.
  4. Pour un serviced apartment : prévoyez au moins 7 nuits.
  5. Pour trois mois ou plus : exigez un bail écrit qui indique la durée ; dans un HDB, demandez au propriétaire la preuve que vous êtes enregistré auprès du HDB comme locataire autorisé.

Une question ?​

Vous hésitez entre deux hébergements, vous cherchez un serviced apartment pour un mois ou un quartier où loger ? Posez votre question dans le forum Où loger à Singapour : hôtels et hébergements : la communauté vous répond.

Sources (consultées le 20 octobre 2026)
 

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